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Le lieu

 


Le Théâtre de Belleville a vocation à promouvoir la création contemporaine dans un espace confortable et convivial. La salle créée en 1850, fait partie des plus anciennes salles de spectacles parisiennes, ce qui en fait un lieu de choix pour le théâtre à Paris. Il a été entièrement rénové en 2011 dans un souci d'améliorer le confort des spectateurs et les infrastructures techniques.

Il offre un espace scénique de 7,50 m de profondeur et jusqu'à 11m d'ouverture. La hauteur sous grill est d'environ 5m. Il accueille 96 places dans un espace climatisé.

 

 

Un peu d'histoire ...

 

 

Le Concert du Commerce (1850-1924)

Cet humble et pittoresque concert de quartier existait déjà en 1850. C'était une salle de dimensions modestes (15 mètres sur 13), avec galerie, prise sur le volume initial de la Brasserie du Commerce, avec laquelle elle communiquait. Le directeur, à l'époque, s'appelait Guyon. L'immeuble appartenait à Jean-Pierre Pivert. Un jardin agrémentait les lieux (entre le théâtre et l'immeuble moderne voisin). L'été venu, on y consommait pendant les entractes. A Guyon succéda Renault.

 

En 1897, vint Verrier, un artiste comique, qui fit faire des travaux d'agrandissement. Le patron passait en vedette. En 1899, le jeune Maurice Chevalier, qui se rendait fréquemment, le dimanche en matinée, au Commerce, dit y avoir vu une femme qui affolait tous les hommes du quartier, Valdina. grande, sculpturale, elle chantait ce qu'on appelait en ce temps «les gommeuses» (M.Chevalier, Maroute et mes chansons).

 

En février 1902, Maurice Chevalier, engagé sur la recommandation de Boucot, en supplément de programme, pour cinq francs par semaine y chanta : Les Filles de Pontoise, En labourant, L'âne à sonnette et V'là les croquants. La presse des concerts nous révèle cependant que le Commerce, après minuit, devenaitle rendez-vous des artistes du faubourg, qui s'y retrouvaient dans la brasserie attenante, où l'on servait des soupes au fromage et des repas froids. En mai 1903, après six ans de direction, Verrier céda son fauteuil à Armand Valade, auteur de plusieurs petites pièces de clôture représentées au Commerce. Le bail fut repris, en juin 1905, par Maubion. Deux ans plus tard, celui-ci, tout en conservant la propriété de l'établissement, en abandonna la direction au compositeur Georges Krier, qui, assisté de l'artiste Henrius à l'administration, rouvrit le Commerce le 22 août 1907.

 

En mars 1908, Krier s'associa avec Louis Dembreville, également chanteur. Pour la réouverture de septembre, Dembreville demeura seul directeur. Au cours de l'été 1910, il fit entièrement restaurer la salle (décor brossé par le peintre Gobelet), et la dota de l'électricité. Le 19 février 1914, Dembreville renonça au Commerce. Une société, ayant pour administrateur Charles Barock, assura la relève. Durant la période de la guerre, Barock fit créer sur sa scène une oeuvre du poète Maurice Rostand, Neutrality (2 décembre 1916).

 

Jusqu'alors, l'établissement avait toujours réalisé d'assez bonnes recettes. Mais, dès 1918, l'influence du cinéma sur le concert porta ses coups au faubourg. Le 4 avril 1919, le Commerce, en difficulté, céda à cet engouement. On le cru sauvé lorsque, en 1921, l'artiste René Danvers le reprit au cinéma pour en faire le concert du Moineau, expérience malheureuse qui n'excéda pas un an. Il ferma en 1924 malgré la présence sur scène de Berthe Sylva.

 


Le Tambour Royal (1988-2011)

L'ancien Concert du Commerce tomba dans l'oubli et ne réouvrit ses portes au public qu'en novembre 1988 sous le nom du "Théâtre du Tambour Royal", du nom du Cabaret du Tambour Royal qui réunissait dans la rue de l'Orillon toute proche, la fine fleur de l'aristocratie parisienne de la Régence. Promis à la transformation en lofts, Marthe Michel, comédienne, le sauva de ce sort indigne en en rachetant les murs en 1987. Il devint rapidement connu pour accueillir de spectacles musicaux et des œuvres lyriques. L'opérette renouant avec la destination du Concert du Commerce, y trouva évidemment sa place.

 

 

Le Théâtre de Belleville (depuis 2011)

En avril 2011 le théâtre est repris par Laurent Sroussi. Après des travaux de rénovation importants, le théâtre réouvre ses portes le 15 octobre 2011 sous le nom de THEATRE DE BELLEVILLE. Le changement de nom reflète l'évolution de la programmation qui se veut artistiquement ambitieuse tout en restant populaire, poétique et jubilatoire. Il reflète aussi la volonté de l'équipe du théâtre de participer à la vie locale notamment par des actions socio-culturelles envers les publics de proximité et de développer la notoriété du lieu en tant que théâtre contemporain à Paris. 


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